2008, année des changements...

Après mon opération en février, adieu kystes aux ovaires et adieu LGL! (Une gynéco qui n'est pas capable de se souvenir si vous avez déjà eu des échos pour vérifier vos ovaires alors qu'elle vous suit depuis 6 ans...) Sur les conseils d'une amie, je vais donc en voir une autre, certes un peu plus loin de chez moi mais sans aucun regret.

Ma nouvelle gynéco, qu'on appellera NG, décide de faire un check up pour bien voir que les kystes ne sont pas revenus. J'ai droit à une écho en règle et à l'examen de mon dossier médical (durement obtenu auprès du secrétariat de LGL). NG se montre très prévenante et à l'écoute et nous donne le feu vert pour mettre en route un n°3. Quelques semaines plus tard, j'attends avec un peu d'anxiété mais mon test me donne la bonne nouvelle et Chéri est encore plus heureux que les deux premières fois.

Pour une fois, je décide d'avancer prudemment et ne crie pas ma joie à la face du monde. Mon premier rendez-vous de grossesse avec NG nous montre un petit clignotement à l'écho: notre bébé est bien là et son coeur bat mais il est tout petit et il va falloir attendre encore quelques semaines avant la première écho "offcielle" dans le cabinet d'échographie qui se trouve sur le même palier que le cabinet de NG (détail qui a son importance...)

NG, toujours aussi prévenante, me demande comment je vis mon début de grossesse et à mon étonnement, je lui réponds que je ne suis plus aussi sereine que je l'étais précédemment. Elle s'arrête net alors qu'elle prenait ma tension et prend le temps de m'écouter
"Ah bon, pourquoi?"
"Ben, je sais pas... Je  me demande si cette grossesse se passera aussi bien qu'avant, si je le mènerai à terme..."
"Mais vous n'êtes pas si vieille que ça, quand même, et vous êtes en bonne santé..." (enfin, quelque chose comme ça)
"Oui, c'est vrai." (ben oui, 33 ans, c'est pas si vieux, mince)

Et elle poursuit l'entretien avec les recommandations d'usage, toujours prévenante et bienveillante. (oui, j'insiste, mais franchement, c'est de l'inédit pour moi et je l'apprécie à sa juste valeur)

Arrive la rentrée. Pas toujours amusant de reprendre mais les réflexes sont là et les habitudes n'ont pas trop changé: Eliott est dans la même école en GS et Rémi chez Nounou avec sa copine Maëlle. Côté boulot, on a des heures sup' avec Chéri mais bon... (il parait qu'il faut travailler plus pour gagner plus, hein...)

Très vite ensuite, je vais voir BP, la super sage-femme qui va me faire ma première écho. Pas de chance pour le moment, non seulement je suis en retard mais j'ai aussi pris rendez-vous trop tôt: ouistiti est trop petit pour qu'elle y voit clair et prenne les mesures ad hoc. On décide de se revoir 15 jours plus tard. Je vois NG dans la foulée mais la délclaration de grossesse attendra ces fameux 15 jours également. Seul problème, je ne la verrais pas ce jour là car c'est le seul de la semaine où elle ne travaille pas...

15 jours plus tard, je reviens donc chez BP. Je suis seule car Chéri n'a pas pu prendre son après-midi (il aurait mieux fait de ne rien raconter à sa chef, tiens, il a voulu trop bien faire...). Un peu stressée bien qu'à l'heure, je rentre dans le cabinet de BP pour la révélation tant attendue: voir mon ouistiti à la télé et me réjouir. Comme je me trompais...

Le début de l'écho se passe tranquillement: voilà ouistiti, sa tête, ses bras, ses jambes... BP prend les mesures d'usage, tout semble normal, elle me montre son fémur, ses reins, son coeur qui est bien cloisonné mais elle revient sans cesse sur le même endroit... Je me dis au départ que c'est la mesure de la clarté nucale qui lui pose problème vu qu'elle l'a prise 2 fois...

Finalement, elle se décide à tout me dire: "vous voyez là? ça me chifonnait déjà il y a 15 jours car son profil n'était pas harmonieux... Donc là, entre le nez et le maxilaire, ça devrait être droit mais on voit des décrochements... Je crois qu'il a une fente labiale bilatérale. Vraiment, c'est pas de chance! Il ya des fois, j'aimerais ne rien voir..."

Ah... J'encaisse le coup en restant stoïque mais au fond, je ne réalise pas très bien... Elle continue de passer la sonde, encore et encore. Moi, je refuse de comprendre ce qu'elle vient de me dire. Elle prend des clichés supplémentaires pour un autre collègue, au cas où je passerais une autre écho pour vérification... A la fin de la consultation, je triture mes mains, mon menton se met imperciptiblement à trembler et quand elle me demande si ça va aller, je craque... C'en est trop, je ne peux plus contenir mes larmes, mes émotions. Tout me tombe dessus en même temps et je ne sais même pas ce qui est le plus douloureux: mon désarroi, ma colère (pourquoi 2 enfants sur 3? pourquoi encore nous?), le fait d'avoir à recommencer tout ce qui avait été fait pour Eliott ou les questions qui m'assaillent...

BP prend le temps de rester avec moi pour me réconforter, elle propose même d'appeler Chéri pour le mettre au courant. Je finis par me calmer un peu puis elle m'accompagne au secrétariat de NG car je devais y prendre ma déclaration de grossesse et elle s'assure que NG est vraiment absente sinon, elle lui aurait demandé de me voir, je crois.

Je rentre comme un zombie après avoir pleuré encore dans ma voiture avant de démarrer. Je m'arrête faire les boutiques, histoires de me changer les idées mais le ciel m'est tombé sur la tête et rien n'y fait. Chéri m'appelle après avoir reçu mon sms et se sent aussi désemparé que moi... Bon sang, mais qu'est-ce qu'on a bien pu faire pour mériter ça?? La soirée se passe comme si j'étais dans du coton: je tiens devant les enfants mais dès qu'on est seul, je me transforme en fontaine...

BP m'a dit que je devrai savoir un coup de fil de NG le lendemain. Après avoir attendu presque tout l'après-midi, ça y est: je la sens désolée pour moi mais elle prend vite les choses en main.Elle me dit que BP a téléphoné à Bordeaux dès le soir de l'écho et qu'elle (NG) même a pris rendez-vous pour moi après un entretien avec BP. Verdict: je dois aller voir un spécialiste du diagnostic prénatal et un généticien la semaine qui suit et subir, éventuellement, une biopsie de trophoblaste. Elle m'explique qu'il s'agit d'un prélèvement de cellules du placenta en vue de faire un cariotype pour vérifier qu'il n'y a pas d'anomalie chromosomique...

Un peu inquiète de l'issue possible de ces rendez-vous, je suis malgré tout ravie que tout soit pris en charge pour moi. Enfin, on va bénéficier de tout ce qui avait été loupé pour Eliott. En plus, une semaine, ce n'est pas très long, je vais pouvoir tenir au boulot, même si l'envie d'y retourner n'y est pas.

Le grand jour arrive: j'ai prévu ma valise au cas où ils voudraient me garder après la biopsie (oui, un peu ridicule, finalement, mais je ne savais pas comment ça allait se passer), tout en ne sachant pas si je vais la subir ou pas, d'ailleurs... Nous voyons le généticien d'abord. Très zen, il nous pose plein de questions histoire de retracer l'arbre généalogique des anomalies génétiques de nos familles. Cela ne prend pas si longtemps (quelques branches sont cassées, de mon côté, comme celui de Chéri) et à part un souci de pigmentation chez Chéri*, rien n'est décelé. Je subirai donc la biopsie... (*yeux verrons pour lui et un arrière grand-oncle, cheveux blancs prématurément pour un oncle et sa grand-mère)

Je me change, j'attends (nous sommes pas loin de 6 ou 7 ce matin à venir pour le même genre de souci) et je passe dans la salle d'examen. Une rapide écho et on me prépare vite fait, bien fait: bétadine, champs, anesthésie locale et ensuite grande aiguille plantée dans mon ventre pour prélever les cellules. C'est pas une partie de plaisir mais pas l'horreur non plus. Le médecin me conseille de déjeuner et de rentrer directement à la maison pour m'allonger pendant 2 à  3 heures et ne rien faire. Le lendemain, selon lui, je peux reprendre le travail, pas de problème. Pour les résultats, le cariotype devrait être connu dès le vendredi suivant (on est mercredi) et un deuxième résultat tombera après la mise en culture des cellules, 2 semaines après.

Reprendre le boulot? Moi, je n'en suis pas si sûre... Par précaution, je prend vite fait rendez-vous avec mon généraliste dans la soirée. La soirée? Ben non, l'après-midi plutôt! A peine le temps de rentrer qu'il faudra que je sois chez lui... Bon, pour le repos, on verra plus tard.

Il me reçoit et me demande pourquoi je viens le voir. "Ah! Toute une aventure!" Vient ensuite le récit de mes nos récentes péripéties... Moi qui croyait aller mieux, je me rends compte que mon menton tremble encore un petit peu et je remarque sa tête (genre "p*t*in les pauvres, z'ont vraiment pas de chance!"). Après les auscultations d'usage, je suis arrêtée... une semaine! Moi qui pensais qu'il allait tout juste m'accorder les deux jours avant le WE, quelle heureuse surprise!! Il ne me reste plus qu'à me reposer (et pour une fois, je vais faire ce qu'on me dit) et attendre les résultats de vendredi.

Et aujourd'hui? Aujourd'hui, c'est lundi. Je me suis reposée, j'ai commencé Millenium, je n'ai toujours pas corrigé mes copies, mes macérâts mûrissent au soleil, j'ai découvert les kannelbullar ce week-end...

NG m'a appelé mercredi dernier, jour de la biopsie, pour prendre des nouvelles et m'a dit que dès qu'elle aurait les résultats, elle m'appellerait. Mais pour l'instant toujours rien... (je devrais peut-être vérifier mon courrier?)

Mon menton tremble encore un peu en écrivant tout ça et je peux définitivement dire que l'âge de l'insouciance est terminé. Je ne sais pas encore ce que l'avenir nous réserve, à ouistiti, moi, Chéri et nos Loulous mais je sens que je vais faire quelques réserves de kleenex et je croise les doigts...