2005, Eliott a grandi. Il est devenu un petit garçon curieux et bavard qui parle très clairement, ce qui en surprend plus d'un, à commencer par nous! Sa cicatrice est quasi invisible et ne lui pose aucun problème. Nous lui avons montré quelques photos pour lui expliquer ce qui lui est arrivé et considérons son opération comme un mauvais souvenir avec des anecdotes plutôt rigolotes (fondre en larmes tous les deux devant son généraliste, finalement c'est assez rigolo, si si, je vous assure)

Tout à notre envie de fonder notre famille, nous décidons de faire un n°2, tout aussi sereinement que la première fois.

Fidèle à la tradition familiale, j'ai une fertilité du feu de Dieu et tombe enceinte rapidement. Tout aussi sereinement que la première fois, je ne me pose pas plus de question car je vais devenir maman pour la deuxième fois, la vie est belle.

Au moment de la première écho avec GH, aucune inquiétude à l'horizon: clarté nucale OK, développement normal, la vie est belle.

Un doute plane quand même au moment du deuxième trimestre. L'écho morpho approche... Et si on découvrait "un truc"? Du coup, comme s'il le sentait, GH fait trèèèèèèèèèèès attention et me demande même de revenir quelques semaines plus tard pour meiux voir sa bouche et vérifier qu'il n'y a pas de fente labiale.

Bluffés, nous lui racontons notre aventure et nous demandons même s'il ne se souvient pas de nous... Pas du tout, qu'il nous dit! C'est juste qu'il est très attentif à ce genre de détails.

Mouais... Avec le recul, on se demande bien ce qui a pu arriver à l'écho morpho d'Eliott mais bon...

En tout cas, bilan positif: aucune anomalie pour n°2!

La fin de la grossesse se passe comme dans les livres, encore une fois.

Le 13 février 2006, nous allons soutenir une amie qui vient de perdre sa mère et assistons aux obsèques. Le matin même, la consultation avec la sage-femme n'indique pas que c'est pour bientôt alors que j'ai dépassé le terme théorique depuis 24 heures. J'ai bien quelques contractions assez régulières mais elles ne sont pas douloureuses donc rien d'inquiétant.

Finalement, c'est le lendemain que tout se déclenche: à 10h30 le travail commence et cette fois, j'ai la version accouchement ADSL! A peine le temps de manger un peu, de prendre un bain et je sens qu'il faut y aller...

Pas le temps de se poser de questions: j'essaye de respirer mais quelque chose me dit que ça ne va pas aussi bien marcher que pour Eliott... Je demande au début à ne pas avoir de péridurale mais après avoir perdu les eaux dans le couloir, les contractions sont vraiment trop intenses. Je "craque" et la sage-femme me pose un catéther en prévision.

Elle part quelque temps mais à son retour l'examen est sans appel: je suis dilatée à 9,5 cm, c'est trop tard pour la péridurale, il faut y aller. "Vous faites comme vous le sentez!" qu'elle me dit... Elle est rigolote, elle! J'ai mal tout le temps, je le sais comment que la contraction arrive ou pas, hein?!

Elle se décide à prendre les choses en mains et je suis encore plus efficace à la poussée que pour Eliott: plus rapide, plus silencieuse aussi, je mets au monde notre n°2 à 14h25. Là encore, il nous faut soulever sa jambe pour indiquer à la sage-femme qu'il s'appellera Rémi (et pas Olivia).

C. qui nous avait accompagné lors de mon premier accouchement passe voir sa collègue. Est-ce un signe? J'aurais adoré "l'avoir" la deuxième fois aussi... Et c'est presque le cas: elle décide de revenir (car elle nous a reconnu) et intervient au moment de la délivrance mais le placenta est trop bien accroché. Je souffre dès qu'on m'effleure le ventre et une délivrance artificielle est programmée en urgence. Entre temps, Chéri reste avec notre fils. Il est ravi de ce moment entre hommes mais moi, je suis un peu frustrée de ne pas l'avoir gardé près de moi plus longtemps...

Il fait dans les jours qui suivent une jaunisse carabinée qui lui vaut un masque de super-héros le jour où la photographe vient pour faire les fameuses photos. Elle ne comprend pas et demande si on peut enlever ces marques jaunes... Ben non, c'est le résultat de sa séance d'UV! Il a la peau de couleur normale partout sauf à l'endroit du masque qui protégeait ses yeux.

Le retour à la maison est un peu plus mouvementé que la première fois. Nous avons un ainé qui entend bien qu'on s'occupe aussi de lui, pleure pour que son père vienne le voir la nuit (moi, ça va, j'ai l'excuse de nourrir le bébé...) et n'appelle son frère par son prénom qu'au bout de 3 semaines. Chéri n'en peut plus et déclare sentencieusement qu'il ne veut plus d'autre enfant! ("c'est définitif!")

L'allaitement prend aussi plus de temps à s'installer et malgré mes suppliques, je suis obligée de reprendre les cours fin mai. Résultat: je suis claquée, j'ai moins de lait (alors que tout roulait enfin) et on est obligé de jongler entre deux modes de gardes différents pour les garçons car la nounou d'Eliott n'est agréée que pour 3 enfants mais au moins Rémi fait ses nuits.

A la rentrée, je ne travaille qu'à 80%, un vrai soulagement. Rémi a des billes bleues en guise d'yeux et nous nous rendons compte que lui aussi a sa particularité: comme son papa, on dirait qu'un de ses yeux se voile légèrement en haut et va changer de couleur... Dire que normalement les yeux verrons sautent des générations, on dirait que ce n'est pas toujours le cas.

To be continued...