Comme tout bon élève (il a déjà compris ce qu'attendraient ses parents, le pauvre), il est arrivé le jour prévu tout en ménageant un peu de suspense...

Le 2 avril dernier, je me suis donc rendue à la maternité pour les contrôles d'usage étant arrivée au terme de ma grossesse mais il aura fallu pas moins de 2 Oxford plus un monitoring pour décider qu'on me garderait enfin pour déclencher l'accouchement. Pose de gel à la prostaglandine à 14h30, j'appelle Chéri et on nous installe dans une chambre en attendant que les contractions arrivent et que le travail commence.

Vers 20h, je sens qu'il faut qu'on m'examine pour savoir où j'en suis: bonne intuition, je suis dilatée à 3 cm, le travail a commencé, nous allons enfin savoir. Je demande une péridurale car je sens que ce serait trop difficile pour moi sinon. J'ai déjà fait ça deux fois « comme une grande » mais là j'ai envie d'avoir un paramètre de moins à gérer.

Claire, la sage-femme, me prévient gentiment que l'anesthésiste est très occupée en salle d'opération. Je commence à me dire que ça va pas être gagné, qu'il va falloir que je m'arme de patience et que je prenne sur moi mais finalement, elle arrive assez vite. Je fais donc connaissance avec une créature bleue et très silencieuse mais visiblement (oui, enfin, tant qu'on peut imaginer ce qui se passe dans notre dos, hein) très pro. Claire me dit qu'il va falloir environ 15 minutes pour qu'elle fasse effet mais je sens vite la différence.

Moi qui suis plutôt du genre « ne me parlez pas, ne me touchez pas » quand j'accouche, là, c'est totalement le contraire. Bizarrement, je suis très sereine, bien plus que je ne l'imaginais avant (finie la panique). Chéri en est très étonné mais soulagé tout de même. Nous échangeons beaucoup avec Claire (qui a pris le temps de consulter mon dossier, d'ailleurs) et j'apprécie sa disponibilité et sa zenitude.

La suite se déroule très vite, je n'ai plus mal mais j'ai toujours des sensations (ce que je voulais absolument), il doit être 21h30 et mon col est dilaté complètement, les choses sérieuses commencent... Vient le moment de la poussée. J'essaye sur le côté mais ce n'est pas très probant alors je reprends la position classique. Martin s'engage mais joue un peu au yoyo. "A la prochaine contraction, poussez fort dès le début comme ça il sera bloqué" me dit Claire. OK, j'y vais... Mais là, malgré la péridurale, j'ai du mal à me détendre: sa tête est à moitié sortie et, ça, je le sens très bien! Heureusement, la prochaine poussée est la bonne et le voilà enfin, il est 22h14.

A l'expulsion, toute la culpabilité que je trainais depuis la grossesse s'est envolée: peu importe la raison de sa malformation, je viens de mettre notre 3ème fils au monde. Notre regard se porte aussitôt sur sa bouche: effectivement, il ne fait pas les choses à moitié ce petit bout (fente complète, pas de palais) mais on ne peut rien y faire pour le moment, ce n'est pas grave, notre attachement est déjà là, fort, évident... 

Je le garde un long moment en peau à peau, nous lui murmurons des mots doux, je caresse ses mains, son visage, ravie de ce temps privilégié qui nous est accordé et qui m'avait tant manqué à la naissance de Rémi. Claire me prévient qu'il faut qu'elle le pèse et le mesure avec un petit air gêné mais on va savoir si ce petit fait mieux que ses frères côtés mensurations ou non. Après deux essais, Martin fait bien 49 cm pour 3,575 kg (et non plus de 3,700 kg comme elle avait cru au départ).

To be continued...

PS: pas de photo pour l'instant, je ne sais pas trop si je peux/si vous avez envie mais surtout, et là ça craint, j'ai perdu le câble...